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Qu’est-ce que le syndrome du stress post-traumatique –SSPT

 

Appelé également Etat de Stress Post-traumatique (ESPT) ou Trouble de Stress Post-traumatique (TSPT) est classé parmi les troubles anxieux ayant comme origine un évènement traumatisant, une confrontation avec la peur de mourir, que l’on soit victime ou témoin. De là en découle tout un ensemble de mécanismes biologiques, physiologiques et psychologiques.

 

            Stress de l’anglais « contrainte » est un ensemble de réponses de l’organisme qui soumit à des contraintes extérieures s’adapte à la situation inattendue en déclenchant une tempête hormonale. Le corps se prépare à l’agression, à la fuite par l’augmentation de la fréquence cardiaque et une respiration plus rapide; le seuil de vigilance au plus haut, les substances mises à dispositions sont alors utilisées dans l’instinct de survie.

            Trauma du grec « blessure avec effraction »

 Causes et symptômes

 

En France, en moyenne 600 milles personnes par an sont touchés par un trouble du stress post-traumatique, mais seulement la moitié d’entre eux sont détectés à temps. Toutefois les spécialistes ont pu établir trois situations qui n’auront pas les mêmes conséquences sur l’individu :

  • Catastrophe naturelles, 10 à 20% des victimes seront concernés
  • Catastrophe d’origine humaine (ex : accident de la route) 20 à 40%
  • Agressions sexuelles graves, attentats, prise d’otages, faits de guerres, 80 à 100%

Un individu qui développe un SSPT présente trois grandes classes de symptômes : la reviviscence – l’évitement – l’hyper éveil.

Le déni est présent ainsi que la déconnection de la pensée et une incapacité à ressentir les sensations, les émotions. Ce sont pourtant ces signes d’alerte pour lesquels au début la personne semble faire face.

L’évènement traumatique est constamment revécu, cauchemars, épisodes dissociatifs, flash-back, s’enchaînent dans une sorte de prison de souvenirs.

L’état émotionnel et physique changé, l’individu développe un comportement d’évitement en contournant volontairement ou involontairement tout ce qui lui rappelle de près ou de loin l’évènement traumatisant. S’installent ensuite une méfiance inhabituelle, une vigilance extrême à guetter le danger imminent, même là où il n’y en a pas.

En découlerons la plupart du temps un manque de concentration, de l’insomnie, parfois aussi une forme de dépression où la certitude d’une vie détruite prend racines et comme paralysés dans le temps, plus rien n’aura de sens aux yeux de la victime.

C’est ainsi que progressivement toute l’identité va être fragilisée.

Les conséquences d’un stress post traumatique non identifié peuvent être lourdes. Le risque de suicide est multiplié par six, mais également les diverses formes de dépendances, 80% des prises de drogues par exemple ont comme origine un SSPT. Une prise en charge psychologique rapide est fondamentale afin d’éviter les problèmes qui peuvent survenir.

Que se passe-t-il dans le cerveau?

 

A la suite d’un évènement traumatisant, le symptôme de reviviscence apparaît.

Le souvenir revient sans arrêt, puisqu’au niveau du cerveau il y a une hyper activité de l’hippocampe (la région produisant les souvenirs) qui active la région qui gère les émotions, l’amygdale. Malheureusement tout ceci se déroule sans faire intervenir la pensée,  qui aiderait à rationnaliser.

Dès le début d’une agression, les mécanismes du stress interviennent pour permettre à l’individu de se préparer à la fuite ou au combat. L’amygdale cérébrale déclenche l’alerte face à cette situation qu’elle perçoit comme dangereuse, en produisant une décharge d’hormones (l’adrénaline et le cortisol) le flux sanguin s’accélère, les battements cardiaques et la respiration augmentent, les poumons sont en hyperventilation et les muscles contractés prêts à faire face.

Le stress est donc au départ une réaction positive du corps à un facteur extérieur perçu comme difficile et qui nécessite une adaptation.

Mais lorsque la réaction attendue, qu’elle soit celle de la fuite, de la survie, ou du combat n’est pas possible, l’atténuation de l’amygdale ne peut avoir lieu comme c’est le cas habituellement, cela donne lieu à une surchauffe.

Pendant que l’amygdale cérébrale s’affole, le cerveau lui recherche dans la banque de données des souvenirs une réponse qui puisse calmer le système d’alarme. Son but est de comprendre ce qu’il se passe et trouver une solution.

Lorsqu’aucune explication plausible n’est trouvée, l’amygdale reste active et la réponse émotionnelle à son comble maximal.

Le fait de ne pas pouvoir utiliser le surrégime de l’organisme, cause un stress dépassé et une sidération psychique. Cet état est semblable à une paralysie. La victime est figée, inerte et dans l’impossibilité de se défendre; elle est prisonnière de son propre corps.

L’adrénaline et le cortisol atteignent des taux très élevés et deviennent toxiques pour l’organisme, avec des risques vasculaire et neurologique et une impression d’être entrain de mourir. Le risque est important et c’est pour cela qu’une issue de secours est lancée.

La mort pourrait advenir si le cerveau ne libérait pas brutalement un cocktail de substances chimiques dans le but de disjoncter le système d’alarme. L’amygdale est alors isolée ! Et malgré le fait que le traumatisme se poursuive, il n’y a plus de souffrance physique, plus de souffrance psychique, c’est l’apaisement émotionnel.

Cette étrange sensation d’être spectateur d’un film, de dépersonnalisation et d’irréalité, c’est la dissociation.

Les conséquences

 

Ce système de sauvegarde permet de préserver la vie mais génère d’autres dégâts. L’amygdale anesthésiée par les décharges de morphine et kétamine, n’évacue pas le traumatisme vers l’hippocampe (analyse des souvenirs) le traumatisme reste piégé en l’état dans l’amygdale.

C’est une bombe à retardement prête à exploser à tout stimulus en lien avec le traumatisme subi, c’est l’élément déclencheur qui explique pourquoi certaines victimes peuvent présenter un état de stress post-traumatique des mois, voir des années après l’évènement.

C’est le cercle vicieux de la reviviscence du traumatisme qui fera adopter une stratégie de survie par l’évitement et le contrôle.

Il peut toutefois arriver que malgré ces stratégies mises en place, la mémoire du traumatisme explose, avec toute la charge émotionnelle, physique et psychique enfermées jusque là, et parce que le cercle vicieux de la reviviscence a libéré les neurotransmetteurs régulièrement, une sorte d’accoutumance s’est installée, ce qui empêchera une nouvelle disjonction spontanée du système d’alarme.

C’est alors que la quête d’une disjonction volontaire se présente comme solution à l’individu, en cherchant à s’exposer à des situations de plus en plus dangereuses et extrêmes, par exemple se mettre en danger, se blesser ou bien en utilisant drogues et l’alcool. Ainsi apparaissent les conduites dissociantes et additives pour palier de façon autonome à la survie de l’individu.

Le trouble post-traumatique peut perdurer des semaines voir des années, Il est malgré tout estimé aujourd’hui que près de la moitié des personnes souffrant de SSPT s’en remettrons spontanément dans les deux ans, en revanche les conséquences des conduites additives et dissociantes peuvent parfois rester des années ou toute une vie.

Le rôle de la sophrologie dans l’état de stress post-traumatique

 

Pendant longtemps le but premier de la prise en charge psychologique était de permettre aux victimes de parler le plus rapidement possible afin d’éviter qu’un SSPT s’installe, or selon des études récentes la confrontation trop rapide aux images, aux émotions de l’évènement pourrait renforcer le trauma, voir déclencher trop rapidement le déni, l’amnésie, processus qui interviennent normalement lors de la phase d’adaptation. Il est très difficile pour les victimes de verbaliser le traumatisme, c’est pour cela que le débriefing psychologique est aujourd’hui adapté selon la gravité du trauma. D’une part l’intervention sera précoce pour les traumas moyens, d’autre part différée pour les cas les plus sévères auxquels on privilégie l’accompagnement social et les psychothérapies comportementales.

La sophrologie psycho-comportementale a toute à fait sa place dans la reconstruction de l’identité de l’individu. Le sophrologue par son savoir être, dont l’écoute, l’empathie et le non-jugement sont précieux, permettent à cet accompagnement de se créer dans la compréhension, en assurant une présence rassurante et chaleureuse, une oreille attentive à ce que la victime voudrait éventuellement raconter. La prise en charge s’effectue sur plusieurs points en prenant en compte les facteurs spécifiques à l’anamnèse.

De manière globale elle s’inscrit dans la gestion des symptômes physiques et émotionnels, apportant des outils afin de comprendre les réactions face à l’évènement traumatisant, les dépasser grâce à la recherche des ressources mais également pourvoir se projeter positivement et envisager à nouveau un avenir.

Pour cela l’arsenal des techniques à disposition de la sophrologie psycho-comportementale sont nombreuses et adaptables à chaque cas, c’est la grande force de la sophrologie.

Réduire et neutraliser le niveau d’anxiété en se libérant des émotions négatives afin de ressentir avant tout l’unité de leur personne dans la globalité du schéma corporel. La reconnexion à leur corps, perçu parfois comme l’ennemi qui les a trahies. Se réappropriant leur espace, leurs sensations et de réinstaller progressivement une sécurité intérieure afin de se sentir suffisamment fortes pour veiller sur elles.

La gestion des émotions en se donnant le droit de les ressentir en réduisant ainsi la sensation de dissociation qu’elles peuvent éprouver. Puiser dans leurs ressources et/ou dans l’évènement la force, le courage nécessaire afin de se redonner une dignité en intégrant leur passé et trouver un sens à leur vie dans l’ici et maintenant.

 

Miriam SABATO

Sophrologue Certifiée

Thérapies brèves et psycho-comportementales  

3 septembre 2016|